Jean-Robert Bisaillon nous parle de Martine Birobent

mardi 14 Nov 2017, 19 h 30 - 21 h 30

JEAN-ROBERT BISAILLON NOUS PARLE DE MARTINE BIROBENT

Intuitive et insoumise

Martine Birobent-rognéMartine Birobent débute sa production au début des années 1990. C’est une bricoleuse, une femme dont la lassitude et la révolte, sont canalisées dans les mains. Elle aime jouer et passer le temps en assemblant des objets trouvés, en tricotant, en peignant. Elle est autodidacte. Son travail gagne progressivement en intensité et vient bientôt à occuper une très large part de son temps alors qu’elle est aussi enseignante au primaire. Bientôt Jean-Robert Bisaillon, son conjoint, qui est musicien et militant culturel, trouve que cette carrière amateur acquiert une dimension professionnelle. Or, le travail de Martine est atypique et fort peu apprécié par les galeries ou maisons de la culture. Lors de voyages en Europe, le couple réalise que cette production hors normes correspond en fait à un courant très développé sur le vieux continent ainsi qu’aux États-Unis. Martine Birobent découvre que sa démarche boudée au Québec est pourtant légitime ailleurs. En 2011, le couple déménage à Danville et crée la première galerie d’art hors normes au Canada. De plus, La Galerie des Nanas se consacre strictement à l’art autodidacte des femmes. Martine Birobent a eu recours à l’aide médicale à mourir en mars 2016, à l’âge de soixante ans.

La conférence portera sur le travail de Martine Birobent, la création de La Galerie des Nanas et sur ses expériences des milieux de l’art brut telles que vécues lors des résidences artistiques à la Biennale Hors-les-Normes de Lyon et à la Biennale des arts inclusifs Out of The Box de Genève. Martine Birobent est une artiste intuitive guidée par les matières. Si elle aborde de plein front les sujets chargés que sont la famille, la maternité, la ménopause, la violence, la censure et l’auto-censure, elle ne prémédite que rarement le résultat final de ses travaux. Sa démarche est guidée par un désir de dépassement constant. Martine touche à tout : peinture, encres et linogravure pour le 2D ; jouets, poupées, bois, objets trouvés, tricot, broderie et bijoux de pacotille pour le 3D. Son corpus est constitué de multiples petites séries regroupant de trois à une vingtaine d’œuvres chacune. Les séries sont ensuite accolées à des thématiques. Les plus connues et signifiantes sont les Cadeaux bleus, huiles traitant de la ménopause, les Poupées muselées, assemblages abordant la censure, les Sarcophages, tours et bas-relief de bois ouvragé traitant de la violence faite aux enfants.

 

Oeuvre de Martine Birobent

 La nouvelle grosse tête (2014) – Assemblage de poupées et crochet 60 x 15 x 15 cm

Crédit photos: Yvan Provencher

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Emplacement
55 avenue Dupras LaSalle

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